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Inte alla konstnärer kan vetenskapligt bevisa att deras konst får en att må bra. 

Men Guillaume Bottazzi är undantaget...


Inte alla konstnärer kan vetenskapligt bevisa att deras konst får en att må bra. Men Guillaume Bottazzi är undantaget...


EN : Why anti-analytical?


The analytical approach in the art world is established in the naming systems; it has become a form of classification that has gained weight and which serves as a reference in the context of the artistic judgement of initiates. This current of thinking was initiated by Wittgenstein, and others have since taken it up.

To introduce the subject and summarise the situation, the analytical approach seeks to destroy the sensory dimension of a work of art, maintaining that our senses offer only a reading at a first level. It considers that art has no essence. This leads those who implement this approach to consider that the meaning of a work of art can only be understood by intermediaries, that is to say, themselves. Thus, these players set themselves up as the only link between the public and the work: this explains how these intermediaries perpetuate their jobs.
The problem with this social elaboration in the art world is that it operates at the expense of public interest, but also of art since it freezes it. The analytical approach in art reduces the scope of artworks, even though the work of art is a malleable, flexible medium: we reinvent the artwork we look at over time.
What Marc-Alain Ouaknin says in Lire aux éclats, éloge de la caresse should be applied to art too, which opposes taking possession or controlling, and allows us to evolve. That is why, from Antiquity to the present day, art has been the subject of never-ending reflections. As Vassily Kandinsky1 put it, “art enables you to rise”.
For Nobel Prize laureate Eric Kandel,2 in Reductionism in Art and Brain Science – Bridging the Two Cultures, art modulates our neurones and it is the cognitive activity of the observer that enables this to happen.




Cognitive activity is the measure of the production of grey matter and of our spiritual elevation. The study by Oliver Sacks, the British doctor, neurologist and writer, “The effects of music on the brain”, presents an MRI which measures the effects of music on the public.3 It shows that if the listener is not sensitive to the music he is listening to, music creates hardly any cognitive activity. However, if the listener likes the music he is listening to, there are many areas that activate. If the viewer is not receptive to the observed work of art, it will have no effect on him. The scientific data seem to agree, because they imply that an approach that denies the sensitive in art also negates the activity of the brain, insofar as it will then develop only in a very reduced way. On the other hand, artworks that appeal to our senses have the power to immerse us and create an aesthetic and cognitive activity.
In his ten-year research on the brain and art,4 Helmut Leder explains that the viewer may find criticism of a work pertinent, but that this will not affect his aesthetic judgment.
On the other hand, in his article entitled “L’esprit est modelé par le corps”,5 the neuroscientist Antonio Damasio demonstrates to what extent the body is inseparable from the brain, and how the latter is able to determine our aesthetic judgment, sometimes without filters.
In other words, to deny the sensory dimension of a work – and even its essence – is like amputating one’s limbs before playing a game of basketball.

Guillaume Bottazzi
1 Vassily Kandinsky, Concerning the Spiritual in Art, 1911.
2 Eric Kandel was the 2000 Nobel prizewinner of physiology or medicine.
4 Helmut Leder and Marcos Nadal, Ten years of a model of aesthetic appreciation and aesthetic judgments : The aesthetic episode – Developments and challenges in empirical aesthetics, 2014. 
5 Antonio Damasio, La Recherche, n° 368.

Guillaume Bottazzi : Pourquoi l’anti-analytique ?

Guillaume Bottazzi : Pourquoi l’anti-analytique ?
L’approche analytique dans le monde de l’art s’est instituée en nomenclature, elle est devenue une instance de classification qui fait autorité et qui sert de référence dans le cadre du jugement artistique des initiés. Ce courant de pensée a été initié par Wittgenstein, et d’autres s’en sont emparés.
Pour introduire le sujet et résumer la situation, l’approche analytique veut annihiler la dimension sensorielle d’une œuvre d’art, estimant que nos sens n’offrent qu’une lecture de premier degré. Elle considère que l’art n’a pas d’essence. Cela conduit ceux qui traduisent cette approche à considérer que la signification d’une œuvre ne peut être comprise que par des intermédiaires, c’est-à-dire eux-mêmes. Ainsi, ces acteurs s’imposent comme le seul trait d’union entre le public et l’œuvre : ceci explique comment ces intermédiaires pérennisent leurs jobs.
Le problème de cette élaboration sociale dans le milieu artistique, c’est qu’il s’opère au détriment de l’intérêt public, mais aussi de l’art puisqu’il le fige. L’approche analytique dans l’art réduit le champ de portée des œuvres, alors que l’œuvre d’art est une matière plastique malléable : nous réinventons l’œuvre que nous regardons au fil du temps. 
Ce que Marc-Alain Ouaknin écrit dans Lire aux éclats, éloge de la caresse doit s’appliquer à l’art, qui s’oppose à la prise, au contrôle, et nous permet d’évoluer. C’est pourquoi, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, l’art fait l’objet d’insatiables réflexions. Comme le disait Vassily Kandinsky1, 
« l’art permet de s’élever. »




Pour le prix Nobel de médecine Eric Kandel2, dans Le réductionnisme dans l’art et la science du cerveau, l’art module nos neurones et c’est l’activité cognitive de l’observateur qui va permettre cela. 
L’activité cognitive est la mesure de la fabrication de la matière grise et de notre élévation spirituelle. Dans l’étude d’Oliver Sacks – médecin, neurologue et écrivain britannique – « Les effets de la musique sur le cerveau », montre une IRM qui mesure les effets de la musique sur le public3. Elle prouve que si l’auditeur n’est pas sensible à la musique qu’il écoute, la musique ne crée presque pas d’activité cognitive. Par contre, si l’auditeur aime la musique qu’il écoute, il y a de nombreuses zones qui s’activent. Si l’observateur n’est pas réceptif à l’œuvre d’art observée, elle ne va pas opérer sur lui. Les données scientifiques semblent concorder, car elles impliquent que l’approche qui nie le sensible dans l’art nie aussi l’activité du cerveau, dans la mesure où il ne se développera alors que de façon très réduite. Par contre, des œuvres qui font appel à nos sens ont le pouvoir de nous immerger et de créer une activité esthético-cognitive.

Helmut Leder, dans sa recherche de dix ans menée sur le cerveau et l’art4, explique que l’observateur pourra trouver la critique d’une œuvre pertinente, mais que cela ne va pas avoir d’interaction sur son jugement esthétique.
D’autre part, le neuroscientifique Antonio Damasio, dans son article ayant pour titre « L’esprit est modelé par le corps5 », prouve combien le corps est indissociable du cerveau, ce dernier pouvant décider de notre jugement esthétique, et parfois sans filtres.
Autrement dit, nier la dimension sensorielle d’une œuvre – et même son essence – équivaut à s’amputer de ses membres avant de faire une partie de basket.
Guillaume Bottazzi

1 Vassily Kandinsky, Du Spirituel dans l’art et dans la peinture en particulier, 1911.
2 Eric Kandel fut le lauréat du prix Nobel de physiologie-médecine en 2000.
3 Oliver Sacks, The Effects of Music on the Brain –https://www.youtube.com/watch…
4Helmut Leder et Marcos Nadal, Dix ans d’un modèle d’appréciation esthétique et de jugements esthétiques : L’épisode esthétique – Développements et enjeux de l’esthétique empirique, dans le British Journal of Psychology, 2014.
5 Antonio Damasio, La Recherche, n° 368.